Chez Grégoire : Moi, plus moi, plus moi…

La tentation est bien trop forte pour ne pas faire de parallèle musical et hasardeux entre le chanteur trop tôt disparu (des ondes) et le restaurant de la rue Montchoisy aux Eaux Vives à Genève.
Pas vraiment de point commun entre les deux personnages, si ce n’est ce petit brin de mégalomanie que l’on tolère facilement chez un artiste chanteur, même chevrotant, et que l’on pourrait trouver déplacé pour un restaurateur..
Éponymie pour baptiser le lieu, mais aussi en affichage quatre par trois, le portrait de Grégoire tapissant le mur. Je ne remets pas en cause la qualité de l’œuvre mais j’avoue que cette surreprésentation de Grégoire aurait pu nous faire fuir. Nous avons préféré en sourire.

Moi, plus moi, plus moi…..

Nous avons bien fait de ne pas nous contenter des apparences et de notre jugement hâtif. Grégoire, le maître des lieux (ça vous l’aviez compris) depuis deux ans, revendique haut et fort les origines locales des produits proposés sur la carte, ou plutôt sur l’ardoise, car fraîcheur et qualité obligent, l’offre change régulièrement au gré des saisons et des arrivages.

L’ardoise
L’une des deux salles

La salle est sagement décorée et décomposée en deux parties distinctes, le bar faisant office de délimitation.
Au menu ce soir, dégustation sur planchette de viandes séchées et de jambon pata blanca, produit avec les mêmes contraintes que le jambon Iberico mais avec des porcs locaux élevés tout près de Neuchâtel. Planchettes délicieuses, tranchées sur une authentique trancheuse manuelle Roussey et Fils à Chambéry et trop vite englouties par notre tablée.

L’une de nos planchettes.
Découpe à la trancheuse manuelle Roussey et Fils

Pour suivre, j’ai choisi, comme presque tous mes convives, un pavé de cochon de Jussy, jus au coing et déclinaison de panais.
J’avoue que l’appellation pavé et cochon font souvent mauvais ménage. Il est en effet assez rare d’obtenir une pièce moelleuse avec une découpe épaisse du cochon. Et pourtant… Et pourtant, le défi technique fut relevé largement par le Chef en cuisine. Une vraie belle tranche, bien épaisse et complètement moelleuse, goûteuse et tendrement juteuse. Une réussite sans ombre.
Le jus réduit au coing lui va à merveille et, comme d’habitude lorsque c’est bon, on se prend à bousculer la bienséance et à saucer sans honte. En accompagnement, le panais règne en maître dans l’assiette, en purée soyeuse, en chips pour le fun, et les pointes cuitent ardentes font la ronde autour du cochon de Jussy . Petit rappel de la sauce, quelques dés de coings pochés mais pas trop confits bouclent l’accord parfait de ce grand moment de cuisine (38 chf).

Mon pavé coup de cœur.
Notre Merlot Ticino.
Autre plat de la table, lentilles de Versoix et saucisson pistaches

Nous avons accompagné cette jolie assiette par une bouteille de Merlot 2014 du Tessin à l’excellent rapport qualité prix (de mémoire entre 45 chf et 50 chf).
Pour terminer notre repas, et aussi un peu je l’avoue pour pouvoir déguster une vraie absinthe servie dans les règles de l’art, nous avons commandé une crème brûlée à la fée verte accompagnée de son shot.
La crème brulée, pour le coup, se voit inhabituellement parfumée d’aromatiques herbeuses et racines amères qui lui confèrent une certaine fraîcheur (14 chf). La préparation de l’absinthe se fait devant nous. C’est Grégoire qui s’en charge devant nos yeux amusés et nos objectifs de Natel.
Pour conclure, nous avons passé un excellent moment gastronomique Chez Grégoire, trop heureux d’être passé à côté d’un simple concept et d’avoir découvert une belle cuisine généreuse, goûteuse, authentique et de plus, locale.
Grégoire a su répondre sans hésitation à nos questions et l’on sent une vraie passion dans ses conseils. On oublie donc le premier paragraphe sur le petit côté mégalo de l’endroit disparu au premier coup de fourchette, et je vous recommande vivement cette bonne table genevoise, (On garde quand même le titre pour le clin d’œil 😉 ).
Détail pratique, le quartier est assez embouteillé le soir et il n’est pas des plus aisés de parquer son véhicule. Le parking de Rives n’est donc pas si loin que cela à pied.
Bravo, vous avez lu jusqu’à la fin cet article. N’hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux et à le commenter un peu plus bas. Merci.

Ce que j’ai aimé : La qualité des produits et la cuisine qui les met en valeur.
Ce que j’ai moins aimé : Les détecteurs de présence dans les toilettes qui nous obligent à faire coucou avec la main pour réenclencher la lumière (Joke)

Chez Grégoire 21 rue de Montchoisy 1207 Genève Téléphone 022 736 33 66

Philippe Écrit par :

Raconteur d'histoires gourmandes, j'ai créé le blog Le Dos de la Fourchette en septembre 2014. Rédacteur, je partage mes adresses gourmandes, mes rencontres et mes découvertes.

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